drapeau REPUBLIQUE DU CONGO
Octobre à novembre 2005

(ENGLISH VERSION)

Pour avoir un aperçu général de mon programme de recherche dont cette expédition fait partie, veuillez revenir à la page du programme de recherches au Congo.


J'ai passé un mois à collecter des reptiles et des amphibiens dans la Région de la Likouala, dans le nord du Congo. L' X sur la carte indique l'emplacement de ma station de terrain. Je suis la première herpétologiste à avoir étudié cette région avec comme objectif l'échantillonnage des serpents, des lézards, et des batraciens, pour 1o) faire l'inventaire aussi exhaustif que possible de la faune reptilienne , 2o) identifier les espèces, 3o) peut-être même en découvrir de nouvelles...

Afrique Afrique centrale Congo

La forêt inondée est un habitat fascinant. Pendant la saison sèche, l'eau disparaît et laisse apparaître de larges bandes de terre. Mais pendant la saison des pluies (durant mon enquête) l'eau submerge tout : à certains endroits la profondeur était telle que je pouvais avoir de l'eau jusqu'à la poitrine.

vue d'avion

La forêt de la Likouala vue d'avion.

foret 1

Forêt inondée typique.

foret 2
campement

 

Pour installer ma station, j'ai quand même pu trouver un endroit sec, une clairière entourée par la forêt inondée. N'ayant pas de crédits suffisants pour l’équipement, j'ai acheté des bâches, des moustiquaires et quelques marmites au marché d'Impfondo. J'ai embauché un guide et une cuisinière dans un village Bantu proche. Ensemble nous avons établi le campement et commencé le travail de recherche des amphibiens et des reptiles.

 

En plongeant dans l'eau de la forêt, j'ai placé 450 mètres de filets à poissons, avec l'assistance de mon guide, Etienne. Objectif : capturer des serpents. Nous avons rapidement découvert que l'eau grouillait de serpents, pour la plupart des Grayia ornata, de grands serpents inoffensifs. Il y en avait sans doute des espèces plus petites, mais impossible à capturer car les mailles des filets étaient trop larges ; à Impfondo c'était le seul modèle disponible.


Boulengerina annulata

Un cobra d'eau, 2m de longueur --une créature redoutable!

Grayia ornata

Cette couleuvre est mimétique du cobra d'eau. Ils sont bien difficiles à distinguer l'un de l'autre.

serpent en filet

Cobra ou mimétique? --Et comment l'enlever du filet ??!

Dans un des rares endroits secs de la forêt, nous avons construit une clôture de 10 mètres de long avec cinq pièges-fosses, avec l’espoir de capturer des petits crapauds et des lézards. Malheureusement il me manquait les sceaux en plastique que j'aurais placés dans chaque trou pour rendre les cotés de l’interieur du trou trop lisses pour permettre aux animaux de s’échapper. Si on ajoute à cela que la barrière était un peu courte, le système en lui-même n'a pas été très efficace. Nous avons donc utilisé d’autres méthodes : captures de serpents sur des "pistes" ouvertes à la machette dans la forêt ; captures des grenouilles la nuit à la lumière d’une lampe frontale ; et tout simplement achat de certains animaux aux villageois.


labo

Je prépare les spécimens dans mon laboratoire en plein air.

Lamprophis

Cette couleuvre, pourtant inoffensive, a terrifié un groupe de maçons.

foret 3

Je ne me suis jamais lassée de photographier la forêt inondée.

Malgré tous ces problèmes logistiques, la mission a été globalement réussie ; même si certaines tracasseries administratives en ont raccourci la durée. En effet, alors que j'avais toutes les autorisations officielles de collecte et d'exportation de spécimens, signées par le Délégué Général à la Recherche Scientifique et Technologique, j'ai perdu beaucoup de temps, au début de l'expédition, pour obtenir du Ministère de l'Economie Forestière et de l'Environnement, celle de travailler dans la zone surveillée par WCS. Et je ne l'ai pas eue! Ce refus m'a obligée à travailler hors de cette zone, mais dans un biotope similaire.

Pendant le mois où j'ai pu effectivement travailler sur le terrain, j'ai obtenu en moyenne une espèce par jour de serpents, de lézards, et de batraciens. Chaque spécimen a d'abord été photographié vivant avec un appareil photos numérique. J'ai prélevé ensuite un échantillon de tissu pour l'extraction de l'ADN en vue d'une étude de génétique moléculaire. Enfin chaque animal a été fixé au formol. Tous les spécimens sont maintenant déposés au Smithsonian Institution.

formol

Pour diluer le formol j'ai dû utiliser l'eau, bouillie, de la forêt --la même que nous buvions!

tissus

Etiquetage des grenouilles et prélèvement de tissus.

Etienne

Etienne voulait une lampe frontale comme la mienne, il en a improvisé avec une simple torche et un bout de corde.

Voici quelques uns de mes spécimens les plus intéressants. Ils sont tous déposés maintenant dans la collection du Smithsonian Institution. Les spécimens entiers, ainsi que les échantillons de tissus peuvent être prêtés (voir le lien vers le Département d'Herpétologie du Smithsonian Institution ci dessous). Je remercie les experts qui m'ont assisté pour l'identification des grenouilles et des lézards : Aaron Bauer, Dave Blackburn, Alan Channing, Bob Drewes, Alain Dubois, Annemarie Ohler, Andreas Schmitz, et Richard Tinsley. S'il reste des erreurs, ce sont les miennes.

Hymenochirus curtipes

Hymenochirus curtipes USNM FS-246302. Cette espèce a été décrite en 1924, et rien de plus, à ma connaissance, n'a été écrit sur elle depuis ce temps là.

epitropicalis

Xenopus epitropicalis USNM FS-246240. Une parente, mais plus grosse, de Hymenochirus, aussi de la famille Pipidae.

Especes identifiées:

Amnirana albolabris
Aubria masako
Aubria subsigillata
Bufo camerunensis
Bufo maculatus
Bufo regularis
Hoplobatrachus occipitalis
Leptopelis brevirostris
Phrynobatrachus auritus
Ptychadena perreti
Silurana epitropicalis

Agama agama
Hemidactylus mabouia
Hemidactylus pseudomuriceus
Trachylepis maculilabris

Bitis gabonica
Boulengerina annulata
Dasypeltis scabra
Grayia ornata
Hapsidophrys smaragdina
Lamprophis f. fuliginosus
Naja melanoleuca
Natriciteres fuliginoides
Psammophis phillipsi
Python sebae

Aubria masako

Aubria masako USNM FS-246290. Cette grenouille rare, seulement découverte en 1990, n'a jamais été captureé au Congo. Voici le premier spécimen pour lequel des échantillons de tissu et une photographie de l'animal vivant existent.

 

Trachylepis maculilabris

Trachylepis maculilabris USNM FS-246215. L'espèce la plus commune sur mon site de recherche. Ils étaitent tellement nombreuses que j'ai du décourager les villageois d'en capturer plus!

Hapsidophrys smaragdina

Gastropyxis smaragdina USNM FS-246305. De loin bon plus beau spécimen.

Psammophis 1

Psammophis phillipsi USNM FS-FS-246248. Un imitateur très convaincant, mais inoffensif, du mamba.

Projet pour l'avenir

Une fois l'identification de mes spécimens terminée, mon projet pour le futur immédiat est de retourner au Congo entre septembre et décembre, 2006, pour poursuivre mon travail. Cette fois, j'espère bien être accompagnée d'étudiants en thèse Congolais, pour les former au travail de terrain.
Faire des recherches sur la diversité biologique, un projet vaste et ambitieux, au Congo, exige que les scientifiques nationaux soient formés en biologie et en systématique.
Pour connaître les résultats de la mission de 2006, cliquez ici.

 

Pour lire les resultats de la mission de 2006, cliquez ici.

Naja melanoleuca

 

Les organismes suivants ont fourni une l'assistance financière et/ou logistique:

 

Un cobra forestier (Naja melanoleuca), de 2.5m de longueur  
"MERCSSSSSSSSSI!"

page d'accueil